Le conflit foncier à Latékopé continue de susciter de vives réactions et de nombreuses interrogations. Cette semaine, le journaliste Roger Amémavoh, qui a été parmi les premiers à relayer les informations sur cette affaire, a annoncé avoir été convoqué à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) et avoir déposé une plainte contre X.
Dans une vidéo diffusée en début de semaine, il explique que son entretien avec la DCPJ s’est déroulé « sur instruction du ministre de la Sécurité et de la protection civile ». Selon lui, « l’objectif était de voir dans quelles mesures on pouvait assurer sa sécurité et sa protection ». Il précise que la rencontre s’est très bien déroulée. « J’étais à la direction centrale de la police judiciaire, la DCPJ, le jeudi dernier. J’y suis entré à 8h30 pour une sortie à 11h30. Au terme de nos échanges, j’ai déposé plainte contre X. », a-t-il précisé.
Le journaliste souligne également le soutien du directeur de la DCPJ. « Il m’a assuré de sa disponibilité à tout moment, jour et nuit. Au moindre rappel bizarre ou au moindre mouvement suspect autour de moi, je peux le solliciter. Cependant, il m’a aussi rappelé que le premier policier d’une personne en danger, c’est la personne elle-même. », a-t-il ajouté
Conscient des risques auxquels il est désormais exposé, Roger Amémavoh affirme : « J’ai déjà compris donc à partir de ce moment que je ne peux plus vivre normalement comme Monsieur Tout-le-Monde. Je me dois désormais de respecter des règles strictes pour ma sécurité et aussi surveiller constamment mes alliés. »
Fidèle à son engagement journalistique, il a tenu à saluer certaines initiatives : « Alors, fidèle à mon principe d’honnêteté intellectuelle et journalistique, je voudrais, au regard de tout ce qui précède, saluer l’humanité et la lucidité dont le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a fait preuve dans ce dossier. Dès qu’il a vu les femmes ramper sous les fils, il a réagi automatiquement. C’est humain. Quand j’ai alerté sur ma situation également, le gouvernement a sorti un communiqué avec promptitude. Ce sont des indicateurs qui démontrent que le PC suit attentivement ce dossier. J’en suis reconnaissant. »
Cependant, il déplore que le débat se soit récemment écarté du sujet principal : « Maintenant, dans la foulée, une polémique a été créée à partir du communiqué du gouvernement. Cette polémique a fait dévier le sujet principal d’un débat qui essaie de détourner l’attention du vrai sujet. Nous devons revenir rapidement et impérativement au vrai sujet ». À l’heure actuelle, selon ce professionnel des médias, des Togolais attendent des réponses à des questions essentielles : « Le code foncier du Togo datant de 2018 a-t-il, oui ou non, limité le nombre d’hectares à 10 pour les acquéreurs ? Si oui, pourquoi Mme Aïcha ferait l’exception à la règle ? Est-elle en hors-la-loi ou au-dessus de la loi ? Comment a-t-elle fait pour avoir 92 hectares ? Pourquoi et dans quelles circonstances le maire sortant a-t-il cautionné cela en lui signant une autorisation pour les trancher ? Pourquoi les trancher d’ailleurs ? Le pays est-il en guerre ? Le maire a-t-il agi seul ou a-t-il bénéficié de la complicité d’un certain nombre de ministères ? Si oui, lesquels ? Qui sont les magistrats qui auraient contribué à cela ? Qui sont les officiers qui auraient donné l’ordre pour que les forces de l’ordre sécurisent ces travaux qui défient toute logique au nom de l’État alors que l’État n’y est pour rien ? ».
Le journaliste n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance envers les organisations de presse et de la société civile qui l’ont soutenu dans cette affaire.
Ancien journaliste de la télévision LCF, Roger Amémavoh a également fait son parcours sur la chaîne internationale Vox Africa.
Atha ASSAN









