Vingt entrepreneurs ruraux intervenant dans l’agriculture, le textile et l’artisanat ont bénéficié, du 26 au 28 octobre 2026 à Kpalimé (environ 123 km, nord-ouest de Lomé), d’une formation sur les pratiques commerciales américaines, la préparation à l’exportation et le commerce numérique. Organisée dans le cadre du projet Connecting Capitals, porté par l’Association YOUTHLEAD avec l’appui technique et financier de l’Ambassade des États-Unis au Togo, cette initiative vise à mieux préparer les acteurs économiques locaux à accéder au marché américain.
Trois jours d’apprentissage, d’échanges d’expériences et d’exercices pratiques pour mieux préparer les entreprises rurales togolaises à l’exportation. C’est le programme suivi par 20 entrepreneurs réunis à l’hôtel Le Kloto, à Kpalimé, dans le cadre de la première session de formation du projet « Connecting Capitals : Tirer parti des atouts locaux pour débloquer l’investissement américain au Togo ».
Pour le président de YOUTHLEAD, Kwakutse Elagbe DZAHINI, cette initiative part de la nécessité de dépasser les difficultés qui freinent les producteurs locaux dans leur recherche de débouchés internationaux. Il estime que les produits togolais de qualité doivent pouvoir accéder à de nouveaux marchés et que les acteurs économiques des communautés rurales ont un rôle important à jouer dans le développement du pays.
La première journée, le 26 octobre, a permis aux participants de découvrir l’environnement commercial américain et ses principaux acteurs, notamment les importateurs, les services douaniers américains (CBP), la FDA, l’USDA/APHIS, la CPSC et la FTC. Les échanges ont également porté sur l’AGOA et la démonstration du système de classification douanière SH/HTS.

Les exigences applicables aux produits agricoles, textiles et artisanaux ont ensuite été abordées, avec un accent sur l’étiquetage, l’emballage et la marque d’origine. Un atelier pratique a permis aux entrepreneurs de travailler sur les étiquettes et les fiches de conformité de leurs propres produits.
Les témoignages de professionnelles expérimentées ont également enrichi les échanges. La directrice de Aklala Batik a notamment partagé son expérience de l’exportation de produits vers les États-Unis.
De la production à l’exportation : maîtriser les exigences
La deuxième journée a été consacrée à la maturité des entreprises à l’exportation. Les participants ont été sensibilisés à l’importance de la qualité, de la régularité de la production, de la traçabilité et de la formalisation de leurs activités.
Un exercice de calcul des coûts a notamment permis à chacun de travailler sur son produit, depuis le coût de revient jusqu’à la détermination des prix FOB et CIF. Les participants ont également abordé les documents indispensables à l’exportation, les circuits logistiques entre les lieux de production et les ports, l’emballage, l’assurance ainsi que les moyens de trouver et de sécuriser un acheteur.
La directrice de Denyigba Cacao, Mme Ayawa KPODZRO, est également intervenue pour partager son parcours entrepreneurial et son expérience, à travers un échange avec les participants.
Le numérique comme vitrine des produits locaux
La troisième journée, le 28 octobre, a mis l’accent sur le commerce numérique. Les entrepreneurs ont découvert différents modèles et canaux de commercialisation en ligne, ainsi que les moyens de construire une identité professionnelle sur Internet.

Des exercices pratiques ont notamment porté sur la photographie des produits et leur description en anglais, deux éléments importants pour améliorer leur présentation auprès d’acheteurs étrangers. La prospection commerciale, les paiements en ligne, les risques de fraude, les expéditions liées au commerce électronique, le service client, le marketing et la sécurité numérique ont également été abordés.
La formation s’est achevée par une auto-évaluation finale et l’élaboration de plans d’action individuels sur six mois, ainsi que par la présentation des mécanismes de suivi et des prochaines étapes.
Un accompagnement au-delà de la formation
Au terme des trois jours, les participants ont exprimé leur reconnaissance à l’endroit de YOUTHLEAD et de l’Ambassade des États-Unis pour cette initiative, qu’ils considèrent comme une opportunité de renforcer leurs entreprises et de donner une plus grande visibilité à leurs produits.
Au-delà de cette première session, « Connecting Capitals » ambitionne de renforcer les capacités de 100 entrepreneurs ruraux issus des cinq régions administratives du Togo. Le dispositif prévoit également du mentorat, des rencontres avec des professionnels expérimentés, des mises en relation commerciales et la création d’une plateforme numérique interentreprises (B2B).

À travers cette démarche, YOUTHLEAD entend rapprocher les producteurs togolais de la diaspora et des professionnels du marché américain.
Le lancement officiel de l’initiative s’est déroulé en présence des autorités locales, notamment des représentants du préfet de Kloto et du maire de la commune de Kloto 1, ainsi que d’une équipe d’alumni.
Atha ASSAN








