Le Togo poursuit sa progression dans la lutte contre le VIH avec des indicateurs sanitaires en nette amélioration. La baisse continue des nouvelles infections, le recul des décès liés au sida et la couverture quasi universelle du traitement antirétroviral témoignent des avancées enregistrées ces dernières années. Toutefois, ces performances restent fortement tributaires des financements des partenaires internationaux, un enjeu qui suscite de plus en plus d’inquiétudes.
Ces résultats ont été présentés lors de la revue annuelle de la riposte au VIH, organisée les 4 et 5 août 2026 à Lomé. Les données du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (SP/CNLS-IST) montrent que la prévalence nationale du VIH est désormais estimée à 1,6 %, traduisant une tendance favorable dans le contrôle de l’épidémie.
Entre 2010 et 2025, le nombre annuel de nouvelles infections est passé de 7 100 à 2 100 cas, soit une diminution de 70 %. Sur la même période, les décès liés au sida ont reculé de 73 %, illustrant les progrès réalisés en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge.
L’année 2025 confirme cette dynamique. Au total, 95 200 personnes vivant avec le VIH ont bénéficié d’un suivi dans les structures de santé. Parmi elles, 95 038 étaient sous traitement antirétroviral, ce qui représente un taux d’arrimage de 99,85 %. Parallèlement, plus de 650 000 personnes ont effectué un test de dépistage, tandis que 26,3 millions de préservatifs ont été distribués dans le cadre des actions de prévention. Selon le Dr Christian Mouala, directeur multipays de l’ONUSIDA, le Togo atteint 94 % des personnes connaissant leur statut sérologique, 93 % des personnes vivant avec le VIH sous traitement et 95 % des personnes sous traitement présentant une charge virale indétectable.
Pour le coordonnateur national du SP/CNLS-IST, Pr Pitche Palokinam Vincent, ces résultats sont le fruit d’une mobilisation collective. Il a salué les efforts conjoints du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et des communautés engagées dans la lutte contre le VIH. Il a néanmoins rappelé que plusieurs défis demeurent, notamment le renforcement de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, l’intensification des interventions auprès des adolescents et l’accroissement des ressources nationales consacrées à cette riposte.
Au-delà des performances sanitaires, la question du financement constitue aujourd’hui la principale préoccupation. En 2025, le Togo a consacré 19,37 milliards de FCFA à la lutte contre le VIH. Toutefois, 86,44 % de cette enveloppe provenaient des partenaires techniques et financiers, contre seulement 13,52 % issus des ressources nationales. Cette forte dépendance fragilise la pérennité des programmes, dans un contexte marqué par la réduction progressive des financements internationaux.
« L’un des défis majeurs actuellement pour les pays africains, notamment le Togo, c’est celui de la réduction des financements. Comment allons-nous pérenniser nos bons résultats avec cette baisse des financements ? Et surtout comment nous allons mieux nous organiser pour travailler en synergie », s’est interrogé le Pr Pitche Palokinam Vincent.
Face à cette situation, le Secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Kokou Wotogbe, a appelé l’ensemble des acteurs à renforcer l’engagement national et à explorer des mécanismes innovants de mobilisation des ressources afin de préserver les acquis enregistrés dans la lutte contre le VIH.
Dans cette perspective, le Togo prépare sa demande de financement auprès du Fonds mondial pour le cycle 2027-2029. Les autorités ambitionnent de mobiliser près de 56 milliards de FCFA pour soutenir les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, avec l’objectif de consolider les progrès réalisés et d’assurer la continuité des interventions malgré un environnement financier de plus en plus contraint.
Atha ASSAN









