Au Togo, le roman « Foyovo, le frère noir à la peau blanche » s’impose progressivement comme un outil pédagogique clé dans la lutte contre les préjugés liés à l’albinisme en milieu scolaire. Lundi 13 avril, la Fondation Pierre Fabre a réuni, à Kara, des enseignants des établissements publics, notamment des professeurs de français des classes de 5ᵉ, pour les sensibiliser à l’utilisation de cet ouvrage en classe.
Cette initiative, menée en partenariat avec l’Association nationale des personnes atteintes d’albinisme au Togo (ANAT), marque le début d’une tournée nationale visant à promouvoir l’usage du livre dans les établissements scolaires. L’ambition est d’outiller les enseignants afin qu’ils puissent aborder, avec leurs élèves, les réalités de l’albinisme et favoriser une meilleure inclusion des apprenants concernés.
Écrit par le Dr Panawé Kassang, médecin dermatologue et neurologue, également enseignant-chercheur à la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Kara, l’ouvrage se veut accessible et éducatif. Structuré en dix chapitres sur plus de 150 pages, il explique de manière simple les mécanismes génétiques de l’albinisme, ses complications cutanées et oculaires, ainsi que les mesures de prévention.
Au-delà de l’aspect scientifique, Foyovo se présente comme un outil de sensibilisation destiné à déconstruire les croyances et mythes persistants en Afrique autour de l’albinisme, souvent à l’origine de discriminations, de stigmatisation et parfois même de violences.
Pour la Fondation Pierre Fabre, engagée au Togo depuis 2018 dans la prise en charge dermatologique des personnes atteintes d’albinisme, l’école constitue un levier essentiel de changement.
Du côté de l’ANAT, l’enjeu est également social. Son coordonnateur des programmes, Tonto Sourou Eric, rappelle que les personnes atteintes d’albinisme sont encore confrontées à la discrimination et au rejet. Il appelle les enseignants à jouer un rôle actif dans la sensibilisation et l’accompagnement des élèves, afin de construire un environnement scolaire plus inclusif.
Après l’étape de Kara, la campagne se poursuivra jusqu’au 17 avril dans d’autres régions éducatives du pays, avec l’objectif de faire de Foyovo un véritable outil de transformation des mentalités à l’école.
Atha ASSAN









