La deuxième édition des Prix littéraires du Togo, organisée le 20 décembre 2026 par l’Association des Journalistes pour la Critique Littéraire et d’Art (JCLA-Togo), s’est imposée comme un moment clé dans la structuration, la reconnaissance et la valorisation du paysage littéraire national. Après une première édition fondatrice, ce rendez-vous confirme l’ambition des acteurs culturels de faire de la littérature un pilier durable de l’expression artistique, intellectuelle et identitaire au Togo.
Cette édition a enregistré la participation de 24 ouvrages présentés par 19 auteurs, issus de quatre maisons d’édition. Un seul candidat a concouru avec une œuvre autoéditée, un signal encourageant de la diversification des circuits de publication et de l’ouverture progressive du champ littéraire togolais à de nouvelles dynamiques éditoriales.
Commissaire critique de l’événement, le Dr Jean Paul Akakpo a souligné la portée essentielle de la littérature dans la construction des sociétés. « La littérature est bien plus qu’un art : elle est mémoire, conscience, miroir de nos sociétés et force de projection vers l’avenir. À travers elle, les peuples se rencontrent, se questionnent et se réinventent », a-t-il déclaré. Selon lui, les Prix littéraires du Togo s’inscrivent pleinement dans cette mission en encourageant la création, en révélant les talents et en affirmant la place de la culture togolaise dans l’espace littéraire africain et mondial.
Le jury a relevé que l’année littéraire 2025 a été marquée par une grande richesse des œuvres en compétition, tant par la diversité des genres que par la profondeur des thématiques abordées. Le commissaire critique a, à cet effet, salué l’engagement du président de l’Association des Journalistes pour la Critique Littéraire et d’Art (JCLA-Togo), Germain Doubidji, ainsi que celui de l’ensemble de ses collaborateurs, pour cette initiative de légitimation et de consolidation du champ littéraire national.
Composé de cinq membres — un enseignant-chercheur, deux journalistes animateurs d’émissions littéraires, un écrivain et un critique littéraire — le jury a examiné les œuvres avec rigueur, impartialité et exigence. L’évaluation s’est appuyée sur quatre critères, notés sur 20 points : le contenu et la profondeur de l’œuvre, la créativité et l’originalité, la maturité du créateur, ainsi que l’impact intellectuel et émotionnel du texte. La qualité générale des productions a rendu la tâche à la fois exigeante et stimulante, chaque ouvrage se distinguant par une identité propre.
À l’issue des délibérations, quatre distinctions majeures ont été décernées. Le Grand Prix Littéraire Amitié Maroc–Togo 2025 est revenu à Adama Ayikoué pour Balade culturelle. Très ému, le lauréat a vu dans cette reconnaissance un hommage symbolique entre générations, rappelant que le président de la JCLA-Togo fut autrefois son élève.
Le Prix littéraire La Plume d’Or 2025 a été attribué à Kossivi Gbodui O’Dila pour XEXEA VLIVLIYÉ – La rude volonté. L’auteur a confié que ce sont ses enfants qui l’ont encouragé à concourir, ajoutant que cette distinction lui a redonné une nouvelle énergie créative.
Le Prix de la Meilleure Plume au Féminin 2025 a été remporté par Nana Tecla pour Dzifofo, un recueil de poèmes en éwé, traduit en français et en anglais. L’auteure a rendu un hommage appuyé à sa mère, à l’origine de son attachement à la langue éwé, ainsi qu’au directeur des éditions Awoudy, dont le soutien a été déterminant dans la publication de l’ouvrage.
Le Prix de l’Innovation Littéraire 2025 a, quant à lui, distingué Joseph Koamy Gbloèkpo Gomado pour son essai Le Maire : Fonctions, pouvoirs et défis de la gouvernance locale. Le maire de Golfe 1 a expliqué que cet ouvrage est né de son expérience de terrain, avec pour ambition de partager des pistes concrètes face aux défis de la gouvernance locale.
Au-delà des récompenses, le jury a exhorté les auteurs à renforcer la relecture et la réécriture de leurs manuscrits, tout en s’inspirant des aînés qui font figure de références dans le paysage littéraire togolais.
Invité d’honneur de cette deuxième édition, le poète Ahmed Esso-Wavana Adoyi a échangé avec le public autour de son œuvre Du brin à la graine. Pour lui, la littérature demeure avant tout un outil de transmission. « La littérature est un cahier ouvert à la jeunesse. Elle véhicule des valeurs éducatives et instructives. Tout se trouve dans le livre : le savoir, les expériences humaines, les leçons de vie », a-t-il souligné, citant notamment La Fontaine comme source d’inspiration.

Prenant la parole, le président de la JCLA-Togo, Germain Doubidji, a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des acteurs ayant contribué au succès de l’événement : les écrivains, les libraires, les maisons d’édition et le jury conduit par le Dr Jean Paul Akakpo. Il a salué le soutien constant de la commune Golfe 2, l’accompagnement du web magazine Ekinamag et de sa directrice pour le prix « Plume au Féminin », ainsi que l’appui logistique du CETEF. Il a enfin remercié le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts pour son parrainage.
Représentant le ministre, le Dr Kpaye Koffi Bakayota a vivement salué l’initiative, rappelant que « tout est dans le livre » et que la promotion de la lecture demeure un levier essentiel du développement.
Initiée par la JCLA-Togo, avec le soutien de la commune Golfe 2 et sous le haut parrainage du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, cette deuxième édition des Prix littéraires du Togo a une fois encore mis en lumière le dynamisme, la diversité et la vitalité de la création littéraire togolaise.
Atha ASSAN









