L’affaire fait grand bruit et alimente les débats sur les réseaux sociaux. Lors d’une récente rencontre avec la presse, le président de la transition burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, a qualifié la Côte d’Ivoire « d’ennemi voisin » et annoncé l’arrestation de six ressortissants ivoiriens, présentés comme des espions.
Face à ces accusations, les autorités ivoiriennes n’ont pas tardé à réagir. Par la voix du porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, la Côte d’Ivoire a rejeté en bloc ces affirmations. « Nous sommes régulièrement accusés par ce chef d’État. Nous attendons toujours les preuves de ces accusations », a-t-il déclaré.
Concernant les six Ivoiriens arrêtés fin août et soupçonnés d’espionnage par Ouagadougou, Abidjan affirme qu’il s’agit en réalité d’agents de la Direction d’Aide et de Réinsertion des Apatrides et Réfugiés (DARA), en mission officielle.
« Dire de ces fonctionnaires, tous civils, qu’ils sont des espions relève d’une vision fantasmée de l’espionnage », a soutenu M. Coulibaly. Selon lui, leur mission consistait à recenser les réfugiés burkinabè présents en Côte d’Ivoire, afin de leur garantir l’assistance de l’État ivoirien.
Pour appuyer ses propos, le porte-parole a illustré : « Un agent de recensement pourrait être taxé d’espion, tout comme une sage-femme ou un agent d’état civil. Mais en réalité, ce sont des civils accomplissant leur devoir. »
La Côte d’Ivoire affirme accueillir aujourd’hui plus de 80 000 réfugiés burkinabè, ayant fui les violences dans leur pays, en particulier dans les zones sous influence terroriste.
« Nous subissons une forte pression humanitaire, d’autant plus que certaines organisations et ONG se sont retirées du Burkina Faso à cause de la situation politique », a expliqué Amadou Coulibaly. « Nous nous organisons donc pour prendre le relais et offrir une assistance à ces réfugiés. »
Atha ASSAN









