L’image médicale ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il qu’elle puisse être interprétée par un spécialiste au moment où le médecin en a besoin. Or, les radiologues restent peu nombreux et concentrés dans les grands centres urbains. Une situation qui peut compliquer la prise en charge des patients dans certaines structures éloignées.
C’est sur ce constat qu’est née X-rayVision, une plateforme dédiée à la téléradiologie. Son objectif : permettre à une structure de santé de transmettre un examen à un radiologue, sans que celui-ci soit physiquement présent dans l’établissement.
« Même équipée d’appareils d’imagerie, une structure peut manquer d’un avis spécialisé rapide, retardant le diagnostic, la décision thérapeutique ou l’orientation du patient », explique Evelyne Nadège Asseme Ntol, radiologue.
Pas question de se limiter à WhatsApp
X-rayVision entend surtout structurer un usage qui existe déjà dans les pratiques de certains professionnels : l’envoi d’images par des canaux de messagerie.
La plateforme permet de transmettre l’examen dans son format original, directement exporté depuis la console d’imagerie. Le radiologue dispose ensuite d’un visualiseur lui permettant notamment d’ajuster le contraste et d’effectuer des mesures avant de rédiger son compte rendu.
« X-rayVision organise la collaboration, de l’envoi de l’examen au retour du compte rendu », explique Hector Occansey.
Cette organisation vise également à sécuriser les échanges et à préserver les informations nécessaires à l’interprétation médicale.
Le radiologue habituel reste au centre
La plateforme ne cherche pas uniquement à mettre en relation des structures avec de nouveaux spécialistes. Elle entend aussi préserver les collaborations déjà établies.
Certains centres travaillent avec des radiologues qui se déplacent régulièrement pour interpréter les examens. D’autres transmettent encore les images par des moyens peu adaptés aux exigences de l’imagerie médicale.
Avec X-rayVision, un établissement peut conserver son radiologue habituel comme interlocuteur privilégié et lui adresser directement les examens. Il peut également solliciter d’autres radiologues disponibles sur la plateforme.
« Leur relation se poursuit sans déplacement systématique, avec davantage de réactivité, une meilleure continuité et une organisation plus efficace », souligne Hector Occansey.
L’IA pour accélérer le compte rendu
Autre fonctionnalité mise en avant : la dictée vocale assistée par intelligence artificielle. Le radiologue peut dicter son compte rendu, puis relire et corriger la transcription avant de le valider.
L’IA intervient donc comme un outil d’assistance à la rédaction et non comme un substitut au spécialiste. « L’expertise et la responsabilité médicale restent celles du radiologue », insiste Evelyne Nadège Asseme Ntol.
La plateforme prend actuellement en charge les radiographies, les scanners, les IRM et les mammographies, selon les compétences déclarées par les radiologues et les possibilités des structures.
Réduire la distance, sans remplacer le soin
Pour les promoteurs de X-rayVision, l’enjeu dépasse la seule numérisation des examens. Il s’agit surtout de réduire l’un des obstacles à l’accès à l’expertise médicale : la distance.
Une interprétation radiologique disponible dans un délai adapté peut aider le médecin prescripteur à confirmer une hypothèse diagnostique, à orienter la prise en charge ou à décider d’une évacuation vers une structure mieux équipée.
« La téléradiologie ne résout pas toutes les difficultés du système de soins, mais elle peut réduire un obstacle majeur : la distance qui sépare le patient de l’expertise radiologique », estime Evelyne Nadège Asseme Ntol.
X-rayVision s’inscrit dans l’écosystème de Clinicaa, qui accompagne la digitalisation et la gestion des structures de santé en Afrique et revendique une présence dans sept pays. Avec cette nouvelle solution, l’ambition affichée est d’étendre l’accès à l’expertise radiologique au-delà des grands centres urbains, d’abord en Afrique, puis dans d’autres contextes où l’éloignement géographique constitue un frein.
Atha ASSAN








