Un atelier de validation de l’étude sur la trajectoire des femmes usagères de drogues a eu lieu ce lundi 01 juin 2026 à Lomé.
Cette étude qui s’inscrit dans le cadre du Projet régional de réduction des risques, a été conduite du mois d’avril à juin 2025 afin de documenter les trajectoires des femmes usagères de drogues, les obstacles rencontrés, ainsi que les opportunités d’amélioration des services.
Elle vise à comprendre les besoins des femmes usagères de drogues (FUD) en matière de réduction des risques (RdR) et de santé sexuelle au Bénin et au Togo.
Il s’agit notamment d’accéder à une population très peu touchée actuellement dans les programmes de RdR, décrire le profil sociodémographique des FUD, identifier leurs besoins en matière de réduction des risques (incluant les hépatites virales) et de santé sexuelle (incluant le VIH, le travail du sexe, les violences basées sur le genre).
L’étude menée par une équipe de recherche compose trois axes notamment la trajectoire de vie de ces femmes usagères de drogue, leur place et leur vie dans le ghetto, leurs problèmes de santé.
« Nous avons dans un premier temps abordé la façon dont les femmes ont été initiées à la consommation de drogue. Il y a donc plusieurs portes d’entrée et elles sont conditionnées par les difficultés de vie. L’étude a également pris en compte leur vie socio-professionnelle avant et après l’initiation à la consommation de drogue.Au niveau de l’axe 2 , nous avons révélé que ces femmes vivent dans le ghetto où on trouve la drogue en permanence. Vu qu’elles consomment de la drogue, ces femmes ont un regard dur envers elles-mêmes, s’auto-stigmatisent et aussi dans nos représentations socio-culturelles, une femme qui consomme de la drogue n’est pas bien perçue. Cependant dans le ghetto, elles ne sont pas stigmatisées, elles peuvent dormir à l’air libre, cependant les conditions de vie sont précaires », a expliqué Dr SAMA Nankpakou , assistante de recherche.
Elle a également fait savoir que ces femmes ont plusieurs besoins sur le plan sanitaire. » Les femmes usagères de drogues ont une forte exposition à la tuberculose et au VIH, aux infections diverses, aux complications liées aux modes de consommation ainsi qu’aux risques liés au partage du matériel, la promiscuité et les mauvaises conditions d’hygiène », a précisé Dr SAMA Nankpakou.
Ces femmes ont ainsi exprimé le besoin d’approches de santé intégrées et globales notamment emploi, nutrition, lieux et horaires dédiés aux femmes par des femmes.
« Plusieurs ont le désir de rompre avec la drogue.Cependant , il faut un suivi. La majorité souhaite avoir un centre où elles seront prises en charge sur le plan sanitaire, nutritionnel entre autres », a indiqué l’assistante de recherche.
La validation de cette étude rappelle Selom Agbomadji, chargé de projet réduction des risques à l’ONG Espoir Vie-Togo, est une étape clé pour garantir la pertinence, la qualité scientifique et l’appropriation par les parties prenantes.
« Cette étude révèle d’une grande importance pour nous en ce sens que dans le cadre de notre projet, nous avons un volet genre.Cependant nous avons du mal à offrir des services spécifiques à ces femmes donc il nous faut identifier les besoins réelles. Cette étude met en lumière les besoins et les défis auxquels ces femmes usagères de drogue sont confrontés dans le cadre de l’accès au programme de réduction de risques », a t-il affirmé.
La rencontre a réuni les organisations de la société civile et associations de femmes, les représentants des communautés concernées et les représentants des ministères concernés.
Rachel Doubidji









