Le secteur de la microfinance poursuit sa progression au Togo, confirmant son rôle central dans l’inclusion financière des populations. Au 31 décembre 2025, l’encours des dépôts dans les systèmes financiers décentralisés est estimé à 447 milliards 502 millions de FCFA, selon les chiffres communiqués le 10 mars 2026 par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola.
Ces données ont été rendues publiques lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’adoption du projet de loi portant réglementation de la microfinance en République togolaise. Elles illustrent la croissance soutenue d’un secteur devenu indispensable pour une large partie de la population n’ayant pas accès aux services bancaires classiques.
Selon le ministre, plus de 4 696 701 personnes bénéficient actuellement des services financiers offerts par les institutions de microfinance au Togo, regroupées au sein de 495 579 groupements.
« Au 31 décembre 2025, l’encours des dépôts est estimé à 447 milliards 502 millions de FCFA, l’encours de crédits à 352 milliards 139 millions de FCFA et le total actif du secteur à 578 milliards 615 millions de FCFA », a précisé Essowè Georges Barcola.
Pour le ministre, ces indicateurs témoignent de l’implantation progressive et solide de la microfinance dans l’économie nationale. « Ces chiffres assez éloquents prouvent que la microfinance a fait son chemin dans le pays », a-t-il souligné.
Toutefois, cette expansion rapide a également mis en évidence certaines insuffisances, notamment en matière de viabilité des institutions, de protection des clients et des épargnants, ainsi que de qualité des systèmes de gestion.
« Cependant, ce développement rapide a révélé des insuffisances relatives à la viabilité des institutions, à la protection des clients et des épargnants ainsi qu’à la faiblesse des systèmes de gestion. C’est ce qui justifie l’adoption par le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine de la nouvelle loi uniforme le 21 décembre 2023 qui vise à doter nos États d’un cadre juridique robuste et moderne capable de renforcer la résilience du secteur, de promouvoir l’inclusion financière et de soutenir le financement de nos économies », a-t-il expliqué.
Au Togo, la nouvelle législation abroge la loi du 12 mai 2011 relative à la réglementation des systèmes financiers décentralisés. Elle intègre les réformes financières menées au sein de l’Union au cours de la dernière décennie ainsi que les évolutions de l’environnement de la microfinance.
Le nouveau dispositif impose aux institutions de microfinance des règles plus strictes en matière de gouvernance, de transparence et de supervision.
« La nouvelle loi impose aux institutions de microfinance des règles strictes de gouvernance, de transparence et de supervision. Elle introduit surtout des obligations renforcées en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », a indiqué le ministre.
Selon lui, ces dispositions permettront également de mieux encadrer les flux financiers dans le secteur.
« Désormais, aucune institution ne pourra fonctionner sans mettre en place des dispositifs de contrôle interne, sans adhérer aux centrales d’information sur le crédit et sans collaborer avec les autorités compétentes pour détecter et prévenir les flux financiers illicites. Ainsi, la microfinance ne sera pas seulement un outil d’inclusion, mais aussi un instrument de protection de notre économie contre les dérives criminelles et les menaces transfrontalières », a ajouté Essowè Georges Barcola.
Par ailleurs, la nouvelle loi apporte une réponse à la question du sort des déposants en cas de liquidation d’une institution de microfinance. Face aux préoccupations exprimées par les députés, le ministre a rappelé que l’État ne peut pas systématiquement indemniser l’ensemble des épargnants.
« Sur cette question, l’État ne peut pas venir au secours de tous les déposants. C’est pourquoi la nouvelle loi a prévu un dispositif en demandant aux microfinances d’adhérer à un fonds de garantie pour qu’en cas de liquidation, ce fonds puisse venir au secours des déposants, même si le remboursement ne peut pas être intégral », a-t-il clarifié devant les parlementaires.
À travers cette réforme, les autorités togolaises entendent renforcer la confiance dans le secteur, sécuriser l’épargne des populations et consolider le rôle de la microfinance dans le financement de l’économie nationale.
Atha ASSAN









