L’interpellation de l’artiste rappeur togolais, TCHALA Essowè Narcisse Alias « Aamron », continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Reçue sur les plateaux de TV5 monde cette fin de semaine, une de ses avocats constitués, Me Sophie De Penfentenyo a donné quelques détails sur cette affaire qui fait la une de l’actualité au Togo ces derniers jours.
Selon Me Sophie De Penfentenyo, Aamron a été interpellé à son domicile le 26 mai 2025 à 21 heures 15 contrairement aux heures légales prévues par le code pénal togolais pour être interpeller et subir une répression judiciaire. « Il n’a fait l’objet d’aucune procédure pénale ouverte à ce jour. On a su qu’immédiatement après son interpellation, il a été conduit dans les locaux du Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC) pourtant aucune infraction de nature criminelle ne lui a été reprochée et connue aujourd’hui, aucune procédure ne nous a été communiquée. Il aurait subi des traitements qui s’apparenteraient à de la torture dans ces locaux avant d’être conduit à l’hôpital psychiatrique de Zébé où il est toujours retenu. Nous sommes effectivement dans le flou le plus total », a-t-elle commenté.
Me Sophie De Penfentenyo affirme être en collaboration avec Me Celestin Agbogan pour pouvoir solliciter le procureur de Lomé afin d’avoir des réponses sur la procédure qui est appliquée à l’artiste. « Au Togo le code de la santé publique prévoit qu’il est tout à fait possible d’hospitaliser d’office dans le cas d’une procédure régulière, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. En ce qui concerne Aamron, nous sommes destinataire d’informations qui tendent à mettre en lumière le fait qu’il recevrait des injections. Aucune information sur le type d’injection. Nous ne sommes pas en contact avec l’équipe médicale. Pas de certificat médical pour l’instant. On attend des réponses du Procureur de Lomé sur ce point. Nous sommes très désireux le cas échéant de dépêcher un médecin français pour faire une contre-expertise », a indiqué l’avocate.
Quelques jours après son arrestation, l’artiste engagé est apparu crane et barbe rasées dans une vidéo diffusée sur son compte TikTok dans laquelle il présentait des excuses : « J’aimerais profiter de cette occasion pour demander pardon et présenter mes sincères excuses à Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, président du conseil par rapport à mon comportement déviant ». Il a affirmé dans la courte vidéo avoir eu des troubles psychiatriques et allait mieux après un traitement. Un fait que conteste sa maman. « C’est une pression qu’on n’a mise sur mon fils. A le voir c’est comme s’il est en train de lire un message qu’on lui a écrit. Quand j’ai vu mon fils, ma gorge était nouée. Je lui ai demandé : est ce qu’ils t’ont bastonné ? il a dit oui ! ils t’ont injecté ? il a dit oui ! J’ai dit oh pourquoi tu as accepté ? », a détaillé sa maman.
L’interpellation de Aamron a fait réagir ses confrères artistes, des hommes politiques et des acteurs de la société civile, entre autres. Pour Kao Atcholi, secrétaire général de l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), l’arrestation de Aamron « est une pure violation des droits de l’Homme. Les règles en matière d’interpellation ne sont pas respectées. Et cela a été le cas pour toute la centaine des prisonniers politiques que nous avons aujourd’hui dans les prisons », a-t-il commenté.
Suivi par des milliers de personnes sur ses comptes Facebook et TikTok, le rappeur Aamron s’est fait connaître dans la musique en 2010, avec son album « Black Boys ».
Notons que pour l’heure aucun communiqué officiel n’est rendu public pour situer l’opinion publique sur cette interpellation. Quelques manifestants mobilisés tôt ce vendredi 06 juin 2025 pour exiger sa libération ont été dispersés par des forces de l’ordre.
Atha ASSAN









