L’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo du virus Ebola complique la lutte contre l’épidémie en Afrique. Alors que le Togo renforce sa surveillance après la confirmation d’un cas au Nigeria, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié récemment plusieurs traitements et vaccins candidats à évaluer dans le cadre d’essais cliniques.
La souche Bundibugyo du virus Ebola constitue un défi pour les autorités sanitaires africaines. Contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle un vaccin homologué est disponible, elle ne dispose pas actuellement de vaccin homologué spécifique. Plusieurs traitements et candidats vaccins sont néanmoins à l’étude pour améliorer la prise en charge des personnes infectées et prévenir de nouvelles contaminations.
Cette situation intervient dans un contexte de circulation du virus dans plusieurs pays africains. Le Nigeria a confirmé, le 20 octobre 2026, un cas d’infection par Bundibugyo chez une femme récemment revenue d’Ouganda. Évacuée en Suisse le 26 octobre pour y recevoir des soins, la patiente a conduit les autorités sanitaires de plusieurs pays à renforcer leur vigilance.
Au Togo, le ministère chargé de la Santé a annoncé, le 27 octobre, le renforcement des contrôles à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, au port et aux postes frontaliers terrestres. Aucun cas n’était signalé sur le territoire national à cette date.
Des traitements candidats à l’étude
Pour améliorer la prise en charge des personnes infectées, des experts réunis par l’OMS ont retenu plusieurs options thérapeutiques à évaluer contre la souche Bundibugyo.
Trois traitements ont été identifiés comme prioritaires : les anticorps monoclonaux MBP134 et Maftivimab, ainsi que l’antiviral remdesivir. Une combinaison associant un anticorps monoclonal au remdesivir doit également être évaluée afin d’en mesurer l’efficacité.
L’antiviral oral obeldesivir a, pour sa part, été identifié comme candidat pour la prévention après exposition chez les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ou probables.
Ces options ne constituent toutefois pas des traitements dont l’efficacité contre Bundibugyo est déjà établie. Selon l’OMS, leur utilisation doit s’inscrire dans des essais cliniques destinés à produire des données fiables sur leur efficacité et leur sécurité.
Deux candidats vaccins retiennent l’attention
Sur le volet préventif, deux candidats vaccins font l’objet d’un intérêt particulier. Le rVSV Bundibugyo, développé par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI), figure parmi les candidats prioritaires. Son évaluation clinique nécessite encore une préparation.
Le ChAdOx1 Bundibugyo, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, constitue une autre piste. Son calendrier d’évaluation dépend notamment des résultats complémentaires des études précliniques.
À ce stade, ces candidats ne sont pas des vaccins homologués pour une utilisation courante. Leur efficacité et leur sécurité doivent encore être évaluées scientifiquement.
Ervebo, une protection non démontrée contre Bundibugyo
Le vaccin Ervebo, homologué contre la souche Zaïre, a également été examiné par les experts. Cependant, les données disponibles sur une éventuelle protection croisée contre Bundibugyo restent limitées et non concluantes. Son efficacité contre cette souche ne peut donc pas être considérée comme démontrée.
En attendant les résultats des essais cliniques, la riposte repose principalement sur la surveillance épidémiologique, la détection rapide des cas, le suivi des contacts, l’isolement et la prise en charge des patients. La sensibilisation des populations et l’organisation d’enterrements sûrs et dignes figurent également parmi les mesures recommandées.
Le Togo mise sur la prévention
Au Togo, les autorités recommandent le lavage régulier des mains à l’eau et au savon, l’évitement des contacts avec les liquides biologiques de personnes suspectes ou malades et le signalement rapide de toute suspicion à une formation sanitaire.
L’efficacité de ces mesures dépend aussi de la capacité des systèmes de santé à intervenir rapidement, de la disponibilité des ressources et de la coopération entre les pays. Les difficultés sécuritaires, le manque de financement et la défiance de certaines communautés, notamment en République démocratique du Congo, compliquent les opérations de riposte.
La souche Bundibugyo met ainsi en évidence les limites actuelles des moyens médicaux disponibles contre certaines formes d’Ebola. Si les traitements et vaccins candidats ouvrent des perspectives, leur efficacité reste à démontrer. Dans l’immédiat, la surveillance, la prévention et la coordination régionale demeurent essentielles pour limiter la propagation du virus en Afrique.
Atha ASSAN








