Réunis les 1er et 2 octobre 2026 dans le cadre d’une consultation du Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF), une trentaine de jeunes ont formulé des propositions sur l’emploi, l’entrepreneuriat et leur implication dans l’élaboration des politiques publiques. Membre du réseau, l’association Jeunesse Unie pour une Nouvelle Afrique (JUNA) s’est distinguée à travers la contribution de sa représentante, Farida MOUSTAPHA.
Comment faire de la jeunesse un véritable acteur des décisions publiques plutôt qu’un simple bénéficiaire des politiques qui la concernent ? C’est l’une des questions au cœur de la consultation organisée à Lomé par le Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF), avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en prélude au XXe Sommet de la Francophonie de Phnom Penh.
Pendant deux jours, une trentaine de jeunes issus de différents horizons de l’espace francophone ont échangé autour du thème du Sommet : « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ». Les discussions ont notamment porté sur les liens entre emploi, accès aux opportunités économiques et stabilité sociale, mais aussi sur la nécessité d’associer davantage les jeunes à l’élaboration des politiques publiques.

La question dépasse la seule représentation symbolique. Pour les participants, la participation des jeunes doit se traduire par une capacité réelle à faire entendre leurs préoccupations, à contribuer à la formulation des réponses publiques et à suivre leur mise en œuvre. Plus de la moitié des participants à cette consultation étaient des jeunes femmes.
L’emploi et l’entrepreneuriat au cœur des propositions
Les échanges ont mis en évidence la place de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans la construction de sociétés plus stables. Selon les enquêtes préparatoires conduites au sein du réseau, près de 95 % des jeunes interrogés considèrent ces domaines comme des leviers de paix et de stabilité.
Les recommandations formulées à Lomé visent notamment à simplifier l’accès des jeunes aux opportunités et aux financements, y compris dans les territoires ruraux, à renforcer leur participation aux décisions publiques et à rapprocher davantage la formation des besoins du marché du travail.
Au sein de son groupe de travail, Farida MOUSTAPHA, représentante de JUNA, a contribué à la structuration des échanges en qualité de rapporteure, avant de présenter les conclusions en séance plénière. Parmi les propositions issues de ce groupe figurent la création d’un Fonds francophone de la jeunesse à vocation participative, l’harmonisation des mécanismes de soutien à l’entrepreneuriat et le développement de formations professionnelles accélérées conçues en lien avec les employeurs.

Le groupe a également préconisé un cadre juridique favorable aux initiatives d’économie sociale et solidaire portées par les jeunes et les femmes, une mobilité commerciale facilitée dans l’espace francophone et la réduction des obstacles pratiques à l’emploi. Le logement, le transport, la garde d’enfants, les discriminations et le harcèlement ont notamment été identifiés comme des difficultés à prendre en compte.
Ces recommandations sont celles du groupe qu’elle a accompagné. L’ensemble des propositions issues de la consultation doit être porté au XXe Sommet de la Francophonie.
De la concertation à la représentation
La participation de Farida MOUSTAPHA ne s’est pas limitée à la restitution des travaux. Elle a également modéré le débat organisé pour désigner le porte-voix des jeunes participants au Sommet de Phnom Penh. Plusieurs candidats, venus du Liban, du Tchad, du Bénin, du Togo et du Cameroun, ont pris part à cet exercice destiné à choisir la personne chargée de porter les aspirations exprimées à Lomé.
À l’issue du processus, Irène Fouyaba Pambiang, représentante de l’organisation Women Success du Tchad, a été désignée porte-voix des jeunes participants. Elle portera leurs préoccupations à Phnom Penh aux côtés d’Élisée Ditcharé, secrétaire général du RIJF et membre de son Conseil d’administration, qui représentera le réseau dans ses fonctions institutionnelles.
JUNA dans la continuité de son engagement
Pour JUNA, cette participation s’inscrit dans un engagement en faveur de l’éloquence, du débat et de la citoyenneté des jeunes. En 2024, à l’occasion du XIXe Sommet de la Francophonie organisé en France, l’association avait contribué à la mobilisation de la jeunesse francophone à travers les Rencontres internationales d’éloquence et de débat francophone (RIDEF).

Son président, Frédérick Yao TSATSU, considère cette nouvelle expérience comme une illustration de la capacité des jeunes à structurer leurs idées et à les défendre dans les espaces de décision. « La jeunesse africaine et francophone n’a pas seulement des idées, elle a la capacité de les structurer, de les défendre et de les porter au plus haut niveau », souligne-t-il.
Au-delà de la participation de JUNA, l’enjeu reste celui de la prise en compte des propositions formulées par les jeunes. À la clôture de la consultation, Caroline St-Hilaire, administratrice de l’OIF, les a exhortés à prendre leur place dans les processus de décision. Le Sommet de Phnom Penh constituera une nouvelle étape pour cette démarche.
Atha ASSAN









