Le Port autonome de Lomé (PAL) maintient sa place parmi les principales plateformes portuaires du continent. Dans l’édition 2026 du classement « One Hundred Container Ports » de Lloyd’s List, le Port togolais occupe le 91e rang mondial, ce qui le positionne au 5e rang africain.
Le classement, établi à partir des volumes de conteneurs traités en 2025, place Lomé derrière Tanger Med au Maroc, Port-Saïd et Alexandrie en Égypte ainsi que Durban en Afrique du Sud. Le port togolais devance en revanche Tema, au Ghana, classé 94e, et Mombasa, au Kenya, 99e.
Au total, sept ports africains figurent dans le Top 100 mondial en 2026, contre quatre dans l’édition précédente. Cette présence traduit le poids croissant de certaines plateformes du continent dans les chaînes logistiques internationales.
Lomé conforte sa position régionale
La position de Lomé s’inscrit dans une dynamique de croissance de son activité conteneurisée. Selon les données disponibles, le trafic conteneurisé du PAL a atteint 2 millions d’EVP en 2024, contre 1,907 million en 2023, soit une progression de 5,19 %. Le transbordement constitue le principal moteur de l’activité : il représente désormais plus des deux tiers du trafic portuaire.
Le trafic global du PAL s’est, lui, établi à 30,6 millions de tonnes en 2024, contre 30,08 millions en 2023. Le transbordement est passé de 18,89 à 20,23 millions de tonnes sur la même période, soit une progression de 7,11 %.
Cette orientation confirme le rôle de Lomé comme plateforme de redistribution des marchandises dans la sous-région. Le port constitue également une porte d’entrée pour les pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le nord du Nigeria.
En mars 2025, le port a par ailleurs enregistré un niveau d’activité record, avec 123 000 mouvements de conteneurs sur un seul mois, correspondant à environ 175 000 EVP. Les capacités doivent encore progresser avec un objectif annoncé de 2,7 millions d’EVP à l’horizon 2027.
Des investissements pour renforcer le hub logistique
Cette montée en puissance s’accompagne de plusieurs investissements destinés à améliorer la fluidité et la capacité de la plateforme. Le PAL a notamment achevé la reconstruction de deux ducs-d’Albe de son appontement pétrolier. Ces infrastructures doivent renforcer la sécurité des opérations et la résilience des installations dédiées au trafic des hydrocarbures.
Le Port bénéficie également d’opérations de dragage, de digitalisation et d’extension de ses capacités. Sur le corridor vers le Burkina Faso, le transfert des conteneurs entre le PAL et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) est désormais assuré sept jours sur sept, avec l’objectif de réduire les délais d’acheminement vers Ouagadougou et de renforcer l’attractivité du corridor togolais.
Autre chantier structurant : le Togo a obtenu récemment 200 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale pour le Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Une partie du financement doit notamment servir à réhabiliter la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la PIA, afin de permettre le transfert des conteneurs par rail.
Le programme prévoit également des actions pour réduire la congestion dans le Grand Lomé et améliorer la connexion entre les zones agricoles et les marchés locaux, régionaux et internationaux.
Un poids important dans l’économie togolaise
Au-delà du classement international, les performances du port revêtent un enjeu économique majeur pour le Togo. Près de 90 % du commerce extérieur togolais transite par voie maritime, tandis que les activités portuaires représentent environ 75 % des recettes fiscales nationales. Le PAL emploie directement plus de 6 000 personnes, dont environ 5 000 dockers, auxquels s’ajoutent les emplois indirects liés au transport et à la logistique.
À l’occasion de la Journée mondiale des océans en juin dernière, le ministre délégué chargé de l’Économie maritime, actuel directeur général du PAL, Kokou Edem Tengue avait indiqué que près de 70 % des activités économiques du pays sont adossées à la façade maritime et que plus de 75 % des recettes fiscales en proviennent. Ces données donnent une dimension particulière à la 91e place mondiale de Lomé. La performance du port ne se limite pas à son positionnement dans un classement international : elle s’inscrit dans une stratégie visant à faire du Togo une plateforme logistique au service des échanges régionaux.
Atha ASSAN









