Alors que l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) célèbre son 20e anniversaire, deux nouveaux rapports remettent en question les résultats de son modèle agricole dans les pays ciblés.
Selon ces travaux publiés par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) et le chercheur Timothy A. Wise, de l’université Tufts, le nombre de personnes sous-alimentées dans les pays concernés par les programmes de l’AGRA aurait augmenté de 58 % depuis 2006.
Les auteurs estiment également que la progression des rendements des principales cultures a ralenti depuis le lancement de l’initiative, malgré une utilisation des engrais qui aurait plus que doublé. La hausse de la production alimentaire serait aussi largement liée à l’extension des terres cultivées, dont la superficie aurait augmenté de 46 % depuis 2006.
Pour les auteurs, ces données mettent en cause l’objectif d’« intensification durable » défendu par le modèle de l’AGRA, soutenu notamment par des financements philanthropiques importants.
Des alternatives mises en avant
Le Sénégal est cité comme un exemple différent. N’ayant jamais fait partie des pays ciblés par l’AGRA, il aurait néanmoins atteint, sur la même période, l’objectif que l’organisation s’était fixé : réduire de moitié la faim.
Les organisations à l’origine des rapports plaident ainsi pour un renforcement de l’agroécologie. Elles mettent notamment en avant la régénération des sols, la protection des semences locales, la diversification des cultures et la réduction de la dépendance aux intrants agricoles externes.
« L’alternative agroécologique n’est pas théorique. Les agriculteurs sont déjà en train de la mettre en œuvre », affirme Million Belay, coordinateur général de l’AFSA.
Le rapport de Timothy A. Wise, intitulé Requiem pour la Révolution verte en Afrique, a été publié le 17 août. Un second rapport de l’AFSA doit paraître le 24 août. Les deux travaux entendent dresser un bilan de deux décennies de politiques agricoles inspirées du modèle de la « révolution verte » en Afrique.
Atha ASSAN









