Le gouvernement togolais, avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM) et de la coopération allemande à travers la KfW, renforce sa riposte face à la malnutrition avec la validation des résultats de l’étude ‘’Fill the Nutrient Gap’’ (FNG), un outil stratégique destiné à mieux orienter les politiques publiques en matière de nutrition. L’atelier de validation, organisé le 30 avril 2026 à Lomé, a réuni différents acteurs engagés dans la lutte contre la malnutrition.
Cette étude vise, en effet, à analyser les écarts nutritionnels au sein des populations togolaises et à proposer des réponses adaptées.
Les résultats de l’analyse révèlent des défis persistants, notamment dans les régions du nord du pays. Une part importante de la population reste exposée à l’insécurité alimentaire, avec des conséquences directes sur la santé.
Chez les enfants de moins de cinq ans, environ un quart souffre de retard de croissance, tandis qu’une large majorité est touchée par l’anémie, a renseigné Bouraima Mouawiyatou, chef division nutrition au ministère de la santé du Togo. La situation est tout aussi préoccupante chez les femmes en âge de procréer, dont plus de la moitié présentent des carences en fer, parfois associées à des problèmes de surpoids ou d’obésité. « Beaucoup de ménages n’ont pas accès à une alimentation nutritif », a-t-il ajouté. Des données qui mettent en évidence les difficultés.
En effet, quatre enseignements majeurs se dégagent de l’étude : ‘’ Un ménage doit dépenser au minimum 1 814 FCFA par jour pour accéder à une alimentation nutritive ; près de la moitié des ménages n’en ont pas les moyens ; les marchés offrent une diversité alimentaire, mais les produits d’origine animale restent coûteux ; le coût de l’alimentation révèle des vulnérabilités spécifiques selon les groupes ”.
De fait, Madeleine Tchandana, représentante du secrétaire générale du ministère de la santé, propose d’aborder la question de nutrition de manière globale :
« Pendant trop longtemps, nous avons traité la nutrition comme une question purement sanitaire. Or, elle dépend aussi de la disponibilité des aliments, de leur coût et du pouvoir d’achat des ménages », a-t-elle souligné en précisant le rôle clé de la protection sociale et des cantines scolaires comme leviers essentiels pour améliorer l’accès à une alimentation équilibrée au Togo.
Selon le représentant résident du PAM au Togo, Moïse Ballo, l’étude FNG constitue un véritable levier d’action. « Elle est un outil stratégique d’aide à la décision, permettant de transformer les données en actions concrètes au service des populations les plus vulnérables », a-t-il souligné. Il a également souligné l’importance d’une collaboration renforcée entre les différents ministères pour améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

À partir des constats, l’étude propose plusieurs axes d’intervention pour améliorer la situation nutritionnelle au Togo. Il s’agit notamment d’optimiser les régimes alimentaires destinés aux groupes les plus vulnérables, de renforcer les chaînes de valeur des produits nutritifs locaux et d’intégrer davantage la nutrition dans les programmes de protection sociale.
L’étude recommande également la mise en œuvre de politiques de fortification alimentaire basées sur des données fiables, afin de répondre efficacement aux carences identifiées.
Lancée en juillet 2025 grâce au financement conjoint du gouvernement togolais et de la coopération allemande, l’étude FNG s’appuie sur un processus rigoureux incluant la formation des acteurs, la collecte de données sur les marchés et des analyses techniques approfondies.
Avec la validation de ses résultats, les autorités togolaises disposent désormais d’un cadre stratégique solide pour orienter leurs investissements et améliorer l’impact des interventions en matière de nutrition. Cette étape marque une avancée importante vers la mise en œuvre de solutions durables, visant à garantir à tous les Togolais un accès à une alimentation saine, suffisante et équilibrée.
Atha ASSAN









