Le gouvernement du Togo durcit les règles de commercialisation de la noix de cajou afin de stimuler la transformation locale. Un arrêté interministériel adopté fin décembre 2025 impose désormais aux acheteurs et coopératives de livrer au moins un tiers de leur production aux unités de transformation installées dans le pays, avant toute exportation.
Le gouvernement togolais a décidé de renforcer l’encadrement de la filière anacarde à travers un nouvel arrêté interministériel modifiant la réglementation en vigueur depuis 2008. Le texte vise principalement à favoriser la transformation locale de la noix de cajou et à accroître la valeur ajoutée générée dans le pays.
Selon les nouvelles dispositions, tout acheteur agréé de noix de cajou ou toute société coopérative de producteurs doit livrer au moins un tiers (1/3) du volume collecté ou acheté aux unités de transformation établies sur le territoire national, avant toute cession aux exportateurs. Le prix de cession de ce quota destiné aux transformateurs est fixé au début de chaque campagne par l’interprofession de la filière.
Un contrôle renforcé par l’interprofession
Pour assurer le respect de cette mesure, les unités de transformation devront délivrer aux acheteurs ou aux coopératives un bordereau de livraison ou un quitus, document attestant que le quota obligatoire a bien été fourni. Ce document doit être visé par le Conseil Interprofessionnel de la Filière Anacarde du Togo (CIFAT), qui joue un rôle central dans le contrôle des transactions au sein de la filière.
En cas d’impossibilité de livraison imputable aux unités de transformation, le CIFAT pourra effectuer un constat et délivrer un quitus exceptionnel permettant à l’acheteur ou à la coopérative de poursuivre ses opérations commerciales.
Des sanctions en cas de non-respect
Le nouvel arrêté prévoit également des sanctions strictes. Tout acheteur agréé ou toute coopérative qui ne respecte pas l’obligation de livraison d’un tiers de la production sera exclu de toute opération de vente aux exportateurs pendant la campagne en cours.
Par ailleurs, l’achat et l’exportation de la noix de cajou sont désormais soumis à l’obtention d’un agrément, délivré par le comité de coordination de la filière anacarde.
Toute cargaison destinée à l’exportation sans les documents requis pourra être saisie par les autorités compétentes, les frais et préjudices liés à cette saisie restant à la charge de l’exportateur.
Une filière stratégique pour l’économie togolaise
Avec ces nouvelles mesures, les autorités togolaises entendent encourager la transformation industrielle de l’anacarde, créer davantage d’emplois locaux et limiter l’exportation brute de la matière première.
La filière cajou constitue en effet l’un des secteurs agricoles à fort potentiel de croissance au Togo, où plusieurs unités de transformation se développent progressivement pour capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur le marché international.
Atha ASSAN









