Habituellement attendu en fin d’année dans le sud du Togo, l’harmattan se fait exceptionnellement discret cette saison. Contrairement au septentrion où il souffle avec intensité, cette partie du pays connaît plutôt une vague de chaleur persistante, suscitant interrogations et inquiétudes au sein des populations.
Selon les services météorologiques, la présence de l’harmattan dans le sud du Togo dépend de l’équilibre entre deux grandes masses d’air : l’air sec et froid en provenance du Sahara et l’air humide issu de l’océan Atlantique. Cette année, cet équilibre est fortement perturbé, empêchant la progression du vent sec jusqu’aux zones côtières.
Pour Kossi Tchaa Agnigna, ingénieur météorologue, la situation s’explique par plusieurs facteurs climatiques. « L’anticyclone, qui se positionne habituellement sur le Sahel et permet à l’harmattan de descendre jusqu’à la côte, est actuellement excentré au large des côtes marocaines. À cela s’ajoute le réchauffement de la Méditerranée, favorisant la formation d’un courant dépressionnaire s’étendant de cette zone jusqu’à la côte », explique-t-il. Dans ces conditions, il reste incertain que l’harmattan atteigne le sud du pays cette année. Les prévisions font plutôt état d’orages isolés, de phénomènes convectifs localisés et de faibles pluies par endroits.
Ce dérèglement climatique n’est pas sans conséquences sur les populations du sud du Togo, exposées à des températures élevées et à une sensation de chaleur accrue. Face à cette situation, les spécialistes recommandent l’adoption de comportements préventifs : boire suffisamment d’eau, éviter l’exposition prolongée au soleil, privilégier une alimentation riche en fruits et légumes et limiter la consommation d’aliments gras.
Dans les régions du nord, où l’harmattan est bien installé, les précautions demeurent également nécessaires. Il est conseillé de s’hydrater régulièrement et de protéger les personnes âgées ainsi que les enfants, particulièrement vulnérables aux maladies respiratoires liées à la poussière et à la sécheresse de l’air.
Atha ASSAN









