Diene Keita, directrice exécutive de l’UNFPA, rappelle que les progrès en matière de prévention du VIH restent la voie la plus sûre vers une génération sans sida. Grâce aux avancées médicales, à l’innovation pharmaceutique et à des choix politiques éclairés, de nombreuses populations ont aujourd’hui accès à des méthodes de protection plus diversifiées et plus efficaces. L’essor de nouveaux traitements préventifs, comme la PrEP, ainsi que leur intégration graduelle dans les systèmes nationaux de santé, témoignent d’un progrès considérable. Mais ces acquis, souligne-t-elle, sont désormais gravement menacés.
Des coupes budgétaires inédites dans l’aide internationale fragilisent les programmes de prévention, privant déjà près de 2,5 millions de personnes d’un traitement préventif essentiel. En Afrique subsaharienne, région qui concentre la moitié des nouvelles infections, ces réductions financières déstabilisent profondément la riposte.
Sans un changement immédiat de trajectoire, l’avenir s’assombrit : d’ici à 2030, 3,3 millions de personnes supplémentaires pourraient contracter le VIH. Les adolescentes et les jeunes femmes sont particulièrement exposées, représentant à elles seules un quart des nouvelles infections dans la région. Cette vulnérabilité s’enracine dans les inégalités de genre, les violences, la stigmatisation et la peur d’accéder aux services de santé – autant de facteurs qui compromettent leurs droits, leurs choix et leur santé.
Pour Diene Keita, préserver les avancées accomplies dépend aujourd’hui d’un leadership national fort, de financements accrus – nationaux comme internationaux – et de politiques publiques courageuses. « La dépénalisation des relations homosexuelles et du travail du sexe dans de nombreux pays améliorerait considérablement l’accès à l’information et aux soins. De même, l’intégration des services VIH dans les soins de santé sexuelle et reproductive, notamment la planification familiale et la santé maternelle, permettrait de toucher plus efficacement les femmes et les filles ».
À ce tournant décisif de la riposte mondiale, l’UNFPA, affirme-t-elle, reste engagé aux côtés des pays pour renforcer la prévention, fournir des traitements et accompagner les populations les plus exposées. Grâce à la mobilisation des gouvernements, des organisations internationales et des communautés, près de 27 millions de vies ont déjà été sauvées. Mais pour espérer un avenir sans sida, il est urgent d’agir, de protéger ce qui fonctionne et d’investir dans ce qui peut encore être accompli.
Atha ASSAN









