Une nouvelle coalition de l’opposition togolaise a vu le jour ce lundi 13 avril 2026 sous l’appellation de Cadre de Réflexion et d’Action pour le Changement (CRAC). Elle regroupe plusieurs formations politiques, notamment l’ANC, les FDR, le PSR et l’ADDI, aux côtés d’organisations de la société civile dont le Front Citoyen Togo Debout.
Dès sa première sortie médiatique, le CRAC a annoncé un « grand meeting » prévu le 9 mai prochain à Lomé. Objectif : mobiliser les citoyens contre la nouvelle Constitution de la Ve République, tout en dénonçant la corruption, l’impunité et la gouvernance actuelle.
Mais au-delà de l’annonce, une question s’impose : cette coalition incarne-t-elle un véritable renouveau ou s’inscrit-elle dans la continuité d’initiatives passées restées sans lendemain ?
L’histoire politique récente du Togo interpelle. Des regroupements similaires, à l’image du Collectif Sauvons le Togo (CST) ou de la coalition C14 avaient suscité une forte mobilisation populaire avant de s’essouffler, minés par des rivalités internes et un manque de stratégie commune.
Aujourd’hui, le contexte semble encore plus complexe pour l’opposition. Le parti au pouvoir, UNIR, détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale ainsi que dans les collectivités territoriales. Cette domination limite considérablement la marge de manœuvre des partis adverses, dont certains peinent même à exister sur le plan institutionnel.
La nouvelle architecture politique issue de la Ve République renforce davantage cette réalité. Désormais, le chef de l’exécutif est désigné par les députés, un mécanisme qui réduit les perspectives d’alternance dans un Parlement largement acquis au parti au pouvoir.
Dans ce contexte, le CRAC devra relever plusieurs défis majeurs : maintenir l’unité de ses composantes, proposer une stratégie claire et durable, et surtout convaincre une opinion publique parfois désabusée par les échecs passés de l’opposition.
Le meeting annoncé à Lomé constituera à cet égard un premier test de crédibilité et de mobilisation. Il permettra de mesurer la capacité de cette nouvelle coalition à fédérer au-delà des cercles militants habituels.
Entre espoir de renouveau et risque de répétition des erreurs du passé, le CRAC est attendu au tournant.
Atha ASSAN









