Lomé, capitale togolaise, est depuis le 16 décembre 2025 le centre névralgique de la santé reproductive en Afrique de l’Ouest francophone. Plus de 500 participants, parmi lesquels décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, sociétés civiles et jeunes leaders, se réunissent pour la 14ᵉ Réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO).
Le thème de cette édition, « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable ? », reflète l’urgence de la situation. Face à la baisse des financements internationaux et aux contraintes budgétaires internes, les pays membres doivent désormais renforcer leur autonomie financière pour garantir l’accès durable aux services de santé sexuelle et reproductive.
Marie Ba, Directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat, a rappelé les succès accumulés depuis 2011 : plus de quatre millions de nouvelles utilisatrices de méthodes contraceptives modernes dans les neuf pays membres. « Maintenir cette dynamique exige des choix stratégiques clairs : renforcer les systèmes nationaux, optimiser les financements domestiques et mobiliser tous les secteurs, y compris le privé », a-t-elle déclaré.
Pour le Dr Michel Sidibé, expert malien en santé mondiale, la planification familiale est bien plus qu’un enjeu sanitaire. « Elle devient un marqueur de souveraineté, un levier de stabilité sociale et un accélérateur de développement économique », a-t-il insisté. Selon lui, investir dans la santé reproductive permet de protéger les mères et les enfants tout en donnant aux États la maîtrise de leur avenir démographique.
Mme Elise Kakam, Représentante Résidente de l’UNFPA Togo, a présenté la nouvelle orientation du UNFPA Supplies Partnership. À partir de 2026, les financements externes seront progressivement réduits dans tous les pays du Partenariat, avec un accent particulier sur ceux capables de mobiliser davantage de ressources domestiques. Le mécanisme de « match-fund » permettra à chaque dollar domestique investi de débloquer un financement supplémentaire.
Le ministre togolais de la Santé, Jean-Marie Tessi, a souligné que « accélérer le financement domestique, ce n’est pas seulement augmenter les budgets. C’est affirmer que la santé reproductive est une priorité nationale et régionale, investir dans nos femmes et nos familles et garantir un avenir sûr pour les générations futures ».
Madame la Gouverneure du District Autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, a rappelé le rôle des collectivités locales dans la mise en œuvre des programmes et la sensibilisation des populations. Selon elle, cette réunion offre un cadre privilégié pour partager les expériences, examiner les réformes en cours et identifier des solutions durables pour le financement des DSSR.
Pendant trois jours, les échanges se concentreront sur trois axes : consolider l’engagement politique par le plaidoyer budgétaire, déployer des mécanismes financiers innovants et multisectoriels, et assurer la continuité et la qualité des services. L’objectif est clair : transformer les acquis du Partenariat en souveraineté sanitaire et financière, afin que chaque femme et chaque jeune puisse accéder durablement à des services de planification familiale.
Atha ASSAN









